{"id":45,"date":"2015-09-03T09:28:48","date_gmt":"2015-09-03T09:28:48","guid":{"rendered":"http:\/\/institut-nomade.org\/wordpress\/?page_id=45"},"modified":"2015-09-03T09:29:25","modified_gmt":"2015-09-03T09:29:25","slug":"folks-danse","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/institut-nomade.org\/wordpress\/?page_id=45","title":{"rendered":"Folks (danse), CCN"},"content":{"rendered":"<div id=\"WE9e64b72513\" class=\"BaseDiv RNone OEWEAnchor OESK_WEAnchor_Default\">\n<div class=\"OESZ OESZ_DivContent OESZG_WE9e64b72513 \"><a name=\"critique folks\"><\/a><\/div>\n<\/div>\n<div id=\"WE59e6b5fb74\" class=\"BaseDiv RWidth OEWEText OESK_WEText_Default\">\n<div class=\"OESZ OESZ_DivContent OESZG_WE59e6b5fb74 \">\n<p><span class=\"ContentBox\"><strong>A propos du spectacle Folks, will you still love tomorrow en particulier et de l&rsquo; appropriation par la danse contemporaine d&rsquo;autres danses en g\u00e9n\u00e9ral.\u00a0<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Le spectacle Folk-S, Will you still love me tomorrow\u00a0? d&rsquo;Alessandro Sciaronni \u00e9tait programm\u00e9 en avril dernier, lors de la troisi\u00e8me partie du festival Danse D&rsquo;Ailleurs au Centre Chor\u00e9graphique de Caen Basse-Normandie dont l&rsquo;\u00e9ditorial insiste sur le lien entre les pi\u00e8ces programm\u00e9es et notre soci\u00e9t\u00e9 contemporaine\u00a0: \u00ab\u00a0nous proposerons trois approches du monde actuel \u00e0 l\u2019\u00e9preuve de la danse contemporaine sous les prismes respectifs du multi-culturalisme, des identit\u00e9s \u00ab\u00a0noires\u00a0\u00bb ou du duel modernit\u00e9\/tradition.<br \/>\nSoit trois mani\u00e8res d\u2019\u00e9clairer, avec l\u2019acuit\u00e9 des artistes notre rapport au monde, \u00e0 soi, aux autres\u00a0; ici et ailleurs.\u00a0\u00bb .<\/p>\n<p>FOLK-S s&rsquo;inscrivait dans la th\u00e9matique du duel modernit\u00e9\/ tradition.<\/p>\n<p>Dans les danses traditionnelles, la danse a une fonction sociale\u00a0: parade nuptiale, rassemblement, c\u00e9l\u00e9bration. Le Schuhplattler, utilis\u00e9e par le chor\u00e9graphe Alessandro Sciaronni est une danse li\u00e9e \u00e0 la parade nuptiale traditionnellement ex\u00e9cut\u00e9e par des jeunes hommes pour impressionn\u00e9es les jeunes femmes.<\/p>\n<p>Dans le descriptif de la pi\u00e8ce il est pr\u00e9cis\u00e9 que \u00a0FOLK-S\u00a0marque le point de d\u00e9part d\u2019un triptyque, extrayant diff\u00e9rentes pratiques corporelles de leur contexte d\u2019origine en vue d\u2019examiner leur construction et de les r\u00e9activer au pr\u00e9sent. [&#8230;] Entre contrainte et autonomie, jeu et transe,\u00a0FOLK-S\u00a0propose une exp\u00e9rience perceptive extr\u00eame sur les multiples variations d\u2019une forme jusqu\u2019\u00e0 son \u00e9puisement.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Il est \u00e9tonnant de constater \u00e0 quel point , le texte qui accompagnent une pi\u00e8ce est parfois tellement clair et pr\u00e9cis qu&rsquo;il r\u00e9sume parfaitement ce qui s&rsquo;est produit sur le plateau. Cependant un beau r\u00e9sum\u00e9 ne devrait pas suffire \u00e0 d\u00e9crire l&rsquo;exp\u00e9rience du spectateur face \u00e0 un travail artistique, il faudrait pouvoir y ajouter des sensations, des impressions, des questions qui ont \u00e9merg\u00e9s lors de la repr\u00e9sentation\u00a0. Il faudrait pouvoir dire que nous avons \u00e9t\u00e9 transform\u00e9 \u00e0 la vue de ce spectacle, que \u00ab\u00a0le jeu et la transe\u00a0\u00bb des danseurs a modifi\u00e9 quelque chose en nous, que nous avons nous-m\u00eame ressenti une variation de notre \u00e9tat int\u00e9rieur, que nous sommes ressortis diff\u00e9rents de notre arriv\u00e9e.<\/p>\n<p>Malheureusement, mis \u00e0 part un profond agacement et une d\u00e9sagr\u00e9able sensation d&rsquo;\u00eatre \u00e0 nouveau prise pour une imb\u00e9cile, je ne peux rien ajouter \u00e0 la description initiale du spectacle. Les \u00e9changes qui ont d&rsquo;ailleurs suivis la pr\u00e9sentation n&rsquo;\u00e9taient d&rsquo;ailleurs que des commentaires superficiels sur l&rsquo;endurance des danseurs, le son mal r\u00e9gl\u00e9, la longueur de la pr\u00e9sentation, ou bien sur la v\u00e9racit\u00e9 du d\u00e9fi lanc\u00e9 par un des danseurs au d\u00e9but du spectacle\u00a0: \u00ab\u00a0la danse se terminera au moment o\u00f9 le dernier danseur quittera le plateau ou bien lorsque le dernier spectateur quittera la salle.\u00a0\u00bb Tout en sachant que la r\u00e8gle est fauss\u00e9e d\u00e8s le d\u00e9part, sur le programme il est annonc\u00e9 la dur\u00e9e du spectacle. Nous savons qu&rsquo;\u00e0 22h, un DJ vient mixer pour la f\u00eate d\u00e9serte et d\u00e9sert\u00e9e de cl\u00f4ture du festival.<br \/>\nDes commentaires formels donc, \u00e0 l&rsquo;image de ce qui vient de se produire sur le plateau.<\/p>\n<p>Il semble exister un courant quelque peu cynique voir pervers chez certains chor\u00e9graphes qui s&#8217;emparent d&rsquo;autres danses et les d\u00e9cortiquent jusqu&rsquo; \u00e0 les vider de leur substance en les rendant d\u00e9su\u00e8tes voir ridicules, en les transformant alors en pastiche. A force de ne s&rsquo;arr\u00eater que sur la forme, le motif et le vider de sa substance, ce qui se passe sur le plateau ressemble de plus en plus \u00e0 un message publicitaire ou un produit marketing. J&rsquo;ai en t\u00eate ce passage de Trocad\u00e9ro de Jos\u00e9 Montalvo dans lequel un danseur de Krump effectue un solo entour\u00e9e de trois midinettes qui lui lancent des cris suraigus pour l&rsquo;encourager. Nous sommes loin de l&rsquo;ambiance de Rize du film de David La Chapelle qui retrace l&rsquo; histoire de cette danse. Loin des clich\u00e9s que veulent en faire certains chor\u00e9graphes de danse contemporaine, impressionn\u00e9s sans doute par l&rsquo;\u00e9nergie que d\u00e9gage le Krump et d&rsquo;autres danses dites urbaines, et peut-\u00eatre surpris de voir enfin un corps habit\u00e9, vivant\u00a0; il y a dans chaque danse traditionnelle, urbaine, populaire quelque chose qui \u00e9chappe aux canons esth\u00e9tiques et aux crit\u00e8res de virtuosit\u00e9 ambiants.<br \/>\nLa danse classique avait d\u00e9j\u00e0 effectuer cette op\u00e9ration en utilisant les pas des danses populaires pour se les approprier et parce que Louis XIV ne pouvait plus les danser et qu&rsquo;il \u00e9tait le Roi il d\u00e9cr\u00e9ta que la danse serait maintenant r\u00e9serv\u00e9s aux danseurs form\u00e9s dans son acad\u00e9mie de danse royale.<br \/>\nA force de vouloir abstraire, d&rsquo;extraire, de r\u00e9duire, de simplifier, une partie des acteurs de la danse contemporaine finissent par dissoudre, tourner en d\u00e9rision et faire preuve du m\u00eame cynisme que les firmes industrielles qui pour vendre leur produit vont s&rsquo;appuyer sur des valeurs symboliques tel que le terroir, la famille, l&rsquo;amour, la tradition et les rendre obsol\u00e8te. C&rsquo;est l&rsquo;impression que m&rsquo;a laiss\u00e9 le spectacle BI-Portrait Yves-C de Mickael Philipeau. Et tout comme dans Folks qui prend un motif pour l&rsquo;\u00e9puiser, Bi-Portrait tourne en ridicule peut-\u00eatre inconsciemment des danseurs bretons en donnant \u00e0 nouveau cette d\u00e9sagr\u00e9able sensation que le chor\u00e9graphe d\u00e9balle sa capacit\u00e9 \u00e0 entrainer avec lui un groupe d&rsquo;amateur dans un pastiche de danse bretonne version danse contemporaine et la transformer en gag grotesque qui n&rsquo;a rien a envi\u00e9 \u00e0 certains galas de fin d&rsquo;ann\u00e9e de groupes de danseurs amateurs.<br \/>\nC&rsquo;est tellement dommage, car questionner cette notion de rituels, de tradition, de cultes aujourd&rsquo;hui est un sujet br\u00fblant de l&rsquo;actualit\u00e9.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A propos du spectacle Folks, will you still love tomorrow en particulier et de l&rsquo; appropriation par la danse contemporaine d&rsquo;autres danses en g\u00e9n\u00e9ral.\u00a0 Le spectacle Folk-S, Will you still love me tomorrow\u00a0? d&rsquo;Alessandro Sciaronni \u00e9tait programm\u00e9 en avril dernier, &hellip; <a href=\"http:\/\/institut-nomade.org\/wordpress\/?page_id=45\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":34,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/institut-nomade.org\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/45"}],"collection":[{"href":"http:\/\/institut-nomade.org\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"http:\/\/institut-nomade.org\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/institut-nomade.org\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/institut-nomade.org\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=45"}],"version-history":[{"count":2,"href":"http:\/\/institut-nomade.org\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/45\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":47,"href":"http:\/\/institut-nomade.org\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/45\/revisions\/47"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/institut-nomade.org\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/34"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/institut-nomade.org\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=45"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}